Les Collections Croisières 2018

By on 12/09/2017

Arrivées au mois de novembre 2017 et disponibles jusqu’en mars 2018, les lignes croisières des maisons de luxe ont défilé à travers le monde pour satisfaire une clientèle cosmopolite ayant besoin de tenues toujours nouvelles et adaptées aux climats des pays où elle se trouve.

 

Chanel a transformé la galerie Courbe du Grand Palais en temple grec, berceau de la culture, de la beauté et de la modernité, afin de présenter, en pleine adéquation, des tenues très inspirées des codes vestimentaires de l’antiquité dont le style reste perpétuellement actuel.

Chanel_Cruise_collection_Finale_pictures_by_Olivier_Saillant

Karl Lagerfeld détourne les codes de cette période passée pour proposer sa vision de la Grèce idéale. Les manches grecques, aux épaules drapées ou froncées, structurent la ligne et répondent à une taille marquée ou ceinturée. Les plissés soleil s’inspirent des fûts de colonnes, les motifs des mailles reprennent ceux des vases antiques et les frises des fresques ancestrales. On découvre des boutons gravés de chouettes symboles mythologiques de sagesse, des imprimés couronnes de lauriers et de feuilles de chêne dans lesquels se cache des camélias ou encore des branches de lauriers courbées en double C. Des symboles, associés au blé fétiche de Gabrielle Chanel, que l’on retrouve aussi sur des pièces de monnaie qui ornent un petit sac du soir.

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Si la croisière est la collection idéale pour les déplacements ensoleillés, cette dernière en est le meilleur symbole puisqu’elle se positionne tel un véritable carnet de voyage dans le temps et dans l’espace

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Pour son premier défilé croisière, Prada a choisi de présenter ses créations à Milan dans la galerie historique de l’Osservatorio in Galleria Vittorio Emanuele II. Muccia Prada propose des modèles tout à fait dans l’air du temps où les codes du sport se mêlent à des pièces hyper féminines et délicates. Une mode synonyme de notre époque dans laquelle la femme oscille entre sexy transparence et confort et où elle n’hésite jamais à tout mélanger en créant ainsi un nouveau style à la croisée des chemins. C’est donc en plein accord avec l’ADN maison, dont les contractions stylistiques ont défini la signature de la griffe, que cette collection s’inscrit.

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Direction la Californie pour Dior qui a dévoilé ses modèles dans le parc naturel Upper Las Virgenes Canyon Open Space avec des pièces à la croisée des chemins d’une nature au sens large avec des inspirations westerns, safaris avec des peintures primitives issues de la grotte de Lascaux, parant les tenues.

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Pour sa première resort, Maria Grazia Chuiri, dont le travail rappelle celui de Karl Lagerfeld chez Chanel quant à la réinterprétation de l’ADN maison, s’est à nouveau plongée dans les archives de Monsieur Dior pour réactualiser son héritage.
C’est la collection Ovale de 1951 avec une représentation féminine primitive qui est le point de départ. Les loups, les animaux préhistoriques émergent de la grotte de Lascaux pour prendre place sur des jacquards de soie sur lesquels l’ocre, presque or, contraste avec le noir. Des empreintes de mains féminines, réinterprétations des formes originelles, deviennent de magnifiques broderies de paillettes aux nuances terreuses. Un esprit sauvage, chamanique aux sonorités du Far West ouvre une nouvelle page de l’histoire de la maison pour des femmes chic à la personnalité affirmée.

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Pour Louis Vuitton c’est l’Empire du Soleil Levant qui a été choisi et plus particulièrement le décor spectaculaire du Miho Museum, situé dans les montagnes environnantes de Kyoto. Pour Nicolas Ghesquière, le directeur artistique de la marque, ce lieu symbolise à la perfection l’intégration de l’architecture avec la nature et la modernité d’un pays face à des traditions ancestrales. Adepte du Japon, le designer a souhaité une collection à son image en faisant fusionner l’urbain et l’organique, la tradition et la modernité, le futurisme et la poésie en y intégrant des détails inspirés de la culture japonaise comme les samouraïs, les costumes traditionnels, ou encore les arts martiaux à destination d’une élégante cosmopolite.

Adepte des collaborations, la maison s’adjoint les services du créateur Kansaï Yamamoto avec des icônes, des symboles et des personnages pour certains modèles et accessoires ainsi que ceux du designer Kristopher Haigh pour la réalisation des casquettes.

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Direction l’abbaye de Westminster pour Gucci qui a fait sensation avec ses propositions hautement chamarrées pour femme et homme. Depuis l’arrivée d’Alessandro Michele à la direction artistique, la marque ne cesse de faire parler d’elle et l’engouement pour les créations de la part de la jet set internationale a remis la griffe au premier plan des noms qui osent se différencier dans une période de crise économique.

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Comme à son habitude le designer mélange les styles et les sexes et la collection masculine n’est pas à destination d’hommes souhaitant afficher une virilité flagrante.

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La femme, quant à elle, mixte tenue de jour et du soir du moment que l’ensemble se remarque. Ici, le rococo est à son apogée.

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Philipp Plein a profité du 70ème Festival de Cannes pour présenter sa croisière dans la villa d’Alec Monoply. En plus de prêter l’enceinte de sa maison, le street artist américain, connu pour s’être approprié la mascotte du jeu Monoply, Rich Uncle Pennybags, a participé au travers d’une capsule pour cette ligne balnéaire. On y retrouve tous les indispensables de la marque entre sexy attitude, bling-bling, streetwear et tenues du soir à destination de nouveaux riches toujours avides pour se faire remarquer en se jouant des codes de la mode entre luxe et m’as-tu-vu.

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Si, pour l’instant les collections croisières ne possèdent pas encore leur fashion week, de nombreuses autres marques ont également opté pour la création d’une cinquième collection par an afin de satisfaire leurs clientes, sans pour autant défiler. Parmi ces dernières on trouve :

Bottega Veneta qui pense également à l’homme voyageur avec un dressing pouvant s’adapter à une vie cosmopolite dans laquelle il doit planifier ses moments de travail et de détente.

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Sur le même principe, la business woman trouve ici une garde-robe s’adaptant à tous les climats afin de rester élégante en toutes circonstances. Ensemble pantalon décontracté pour voyager, robes de jour pour les rendez-vous et tenues du soir, elle est parée pour affronter le monde

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Emanuel Ungaro a changé de designer et c’est avec la collection croisière que Marco Colagrossi débute son travail sur l’image mythique de la marque. Partant d’une réflexion très intelligente sur le fait qu’un directeur artistique est au service du nom et non l’inverse, il revisite les codes du maître tout en y insufflant l’air du temps.

Fleurs, rayures, pois, couleurs, broderies, transparences sont au rendez-vous dans des tenues allant du matin au soir, pour habiller une femme jeune, fraîche aimant mixer ses pièces pour inventer son propre style.

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Première collection resort également pour Serge Ruffieux chez Carven avec une mode citadine, facile à porter dans laquelle il intègre la mixité avec des motifs rappelant le wax. Il donne une grande importance aux coupes et aux détails révélant une allure recherchée en une fausse désinvolture.

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Elie Saab s’inspire du monde marin avec des motifs d’algues, d’écailles et d’une grande queue de poisson orange présente à grande échelle. Les formes fluides et ondulantes rappellent les ondes marines qui sublimer les courbes du corps. On retrouve tous les basiques du couturier comme les jumpsuits, les robes de jour colorées ou imprimées et les incontournables robes du soir courtes ou longues recouvertes de paillettes en clin d’œil à une silhouette de sirènes.

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Beaucoup plus discrète que les autres, la maison Martin Grant fait pourtant partie de l’adresse incontournable des femmes élégantes à la recherche de pièces à l’allure couture dans des matières luxueuses. Le «made in France» est la marque de fabrique de la griffe.

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Emilio Pucci reprend les bases de ses archives pour un plongeon dans les années 70 avec une allure rappelant les belles années de la Riviera dans laquelle les imprimés ont la première place loin des frimas hivernaux.

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Encore peu connu en France, Marco de Vincenzo est l’étoile montante de la mode italienne. Très proche du style d’Alessandro Michèle, il aime mixer les genres pour inventer une allure nouvelle. Pour lui, aucun mélange n’est impossible ; il frôle l’overdose d’imprimés, de détails, d’accessoirisation, de broderies et pourtant tout fonctionne.

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Pour sa première resort, Shiatzy Chen s’imprègne du style élégant des années 1910. Une série de techniques innovantes permet de créer des lignes simples et structurées qui illustrent l’état d’esprit naturel et décontracté des femmes d’aujourd’hui. Parce que la frontière des matières destinées au jour ou au soir est tombée, la créatrice s’amuse à mélanger denim, cuir métallique, coton et tissus doux, soyeux jusqu’aux transparents.

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Dans un tout autre style, mais fidèle au sien, Véronique Leroy propose des silhouettes citadines très recherchées.

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JW Anderson travaille sa collection comme un architecte donnant la part belle aux découpes, aux lignes ainsi qu’à la mixité des styles.

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Anaïs Mak reprend les thèmes de prédilection de Jourden dans un esprit décontracté, en conservant toute son originalité. Dans un jeu de contradictions, les looks pointus et nonchalants opposent une sophistication moderne à un confort pratique.

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Les accessoires aussi ont maintenant le devoir de s’adapter à la vie des consommatrices, c’est pourquoi, Maison Michèle, propose déjà depuis quelque temps, une pré-collection à mi-chemin entre les saisons pour permettre de s’adapter à leur planning. Le choix des modèles est vaste, pour homme et femme, allant de la casquette en denim à l’accessoire de cheveux pour le soir en clin d’oeil aux tenues des pin-up, en passant par les canotiers en pailles, les larges panamas ou le Fédora sobre.

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Frédéric Blanc

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