La Haute Couture vue par les couturiers des quatre coins du monde

By on 19/02/2015

Paris, capitale de la mode et seul pays pouvant délivrer le label Haute Couture, devient le centre du monde des créateurs venus de différentes contrés dans l’espoir de se faire remarquer et entrer dans le cercle très fermé des grands couturiers.

Le Liban arrive largement premier dans le nombre de maisons présentant sa vision de la couture avec une mode généralement très classique, parfaitement réalisée et destinée en majorité au soir.

Georges Chakra s’inspire de la fraîcheur de la nature pour des jeunes femmes aimant la couleur, les fleurs et l’élégance chic pour ses sorties. Ses tenues de cocktails, composées d’ensembles, de robes courtes et de manteaux assortis, font un rappel à l’élégance des années 50 et sont idéales pour des garden parties. Les robes du soir affichent la couleur et sont une véritable ode à un jardin luxuriant dont la légèreté des étoffes font penser à une douce brise agitant des fleurs multicolores.

Georges_Chakra_Couture_SS15

George Hobeika affiche la douceur avec des robes aux lignes sobres dans une palette de pastels. Sa collection est destinée à toutes les femmes qui aiment se sentir belles et les jeunes filles pourront aisément trouver leur bonheur avec une grande proposition de petites robes brodées tout en délicatesse.

Georges_Hobeika_Couture_SS15

Tony Ward surfe sur le même registre que ses confrères libanais avec ses propositions de robes du soir, tout en s’offrant quelques libertés avec des modèles plus sexy par des transparences ou du mini.

Tony_Ward_Couture_SS15

Excellente surprise de cette semaine avec le jeune Rami Kadi qui présente pour la seconde fois à Paris sa mode jeune, graphique et novatrice, très loin des autres couturiers du Moyen-Orient. Sa double culture libano-américaine apporte une bouffée d’oxygène en découvrant ses créations entièrement faites à la main dans des matériaux modernes où se mêlent tradition couture et avant-gardisme. Il n’hésite pas à détourner des matières comme le plastique et des techniques ancestrales de broderie pour rendre l’ensemble d’une préciosité absolue.

Jeune prodige, il se dirige très tôt vers le l’univers de la couture et termine ses études à ESMOD Paris en 2008 avec les honneurs. Il intègre immédiatement le studio de création de Rabih Kayrouz, seul couturier libanais parisien à s’être défait de la touche « vieille couture ». Parallèlement, il affine son style et se retrouve sélectionné par la Starch Fondation afin de présenter sa première collection. Il ouvre en 2010 une boutique multimarque de luxe baptisée «  Madame Muguet » pour y proposer sa mode et celles d’autres créateurs libanais.

Depuis 2011, il possède son propre atelier et sa boutique en nom propre à Beyrouth. Il y présente ses créations Haute Couture. On espère voir très prochainement le premier défilé de ce jeune couturier sur les podiums parisiens.

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La Russie a été représentée par Yanina, qui a souhaité délaisser ses inspirations russes de l’hiver dernier au profit de robes du soir. Début  de la collection très prometteuse avec une proposition de robes classiques brodées en version ultra courte apportant modernité et jeunesse. Hélas, elle retombe vite dans l’ennui avec une succession de robes du soir sans grand intérêt où même ses jeux de transparence sentent le déjà vu.

Yanina_Couture-SS15_©_Kristy_Sparow

Svetlana Kushnerova a délaissé ses steppes du Kazakhstan pour venir présenter sa vision du luxe à Paris comme chaque saison. Pour Svetlana la couture est un état d’esprit qui ne souhaite pas s’encombrer de superflu. Elle s’est entourée d’une première d’atelier issue de l’école de la Chambre Syndicale de la Couture et du chausseur Fred Marzo pour la création de sa première collection de chaussures.

Le blanc est le leitmotiv pour l’été 2015, ses matières sont naturelles et la popeline de coton légère se mélange à l’organza et à la mousseline. La femme Svetlana Kushnerova est moderne, elle bouscule les codes avec des lignes épurées basculant l’envers et l’endroit.

SVETLANA_KUSHNEROVA_COUTURE_SS15_© BOYKO

L’Asie devient un acteur de plus en plus présent durant les semaines de la Haute Couture.
La Chine a été représentée par Laurence XU, qui n’avait pas défilé à Paris depuis Juillet 2013. Le style reste toujours très inspiré des traditions et de l’artisanat chinois.

Laurence_Xu_Couture_SS15_©_Guillaume_Roujas

Lan Yu, coup de cœur de Fashion-spider la saison dernière du calendrier off, revient cette année avec une collection entièrement rouge symbole de la Chine. Hélas son style expérimental a laissé place à un défilé de robes classiques, souhaitant certainement conquérir une clientèle couture internationale.

Lan_YU_Couture_SS15_©_Dufour

La japonaise Yumi Katsura connue à Paris pour ses robes de mariées a choisi notre capitale pour présenter sa collection « Glorious Rimpa » et fêter ses 50 ans de création. Toujours très impliquée dans les techniques ancestrales des Arts Japonais et son artisanat d’art, elle a rendu hommage à l’Ecole Rimpa, Institution historique majeure de plus de quatre siècles spécialisée dans la peinture japonaise décorative. Créée au 16ème siècle, réunissant les plus importants artistes soutenus par les riches familles aristocratiques de Kyoto, l’Ecole Rimpa est célèbre pour ses peintures de la nature, oiseaux, fleurs et arbres souvent réalisées sur fond de feuilles d’or.

Yumi_Katsura_Couture_SS15-Paris

La Thaïlande, réputée pour sa couture soignée et ses tissus, arrive sur les podiums parisiens au travers de la maison Busardi avec une collection tout en légèreté pas très moderne cependant.

Busardi_Couture_SS15

Changement de style et de continent avec la Néerlandaise Ilja et son style beaucoup plus dépouillé, qui nous avait habitué à beaucoup mieux les saison passées. Fini les coupes architecturales, sa «couture» s’apparente à un prêt-à-porter sans grande inspiration, mise à part sa robe du soir à nœud XXL.

ILJA_Couture_SS15

Christian Lagerwaard, nouveau venu, d’origine allemande vivant aux Pays-Bas compte déjà de nombreuses clientes dont la famille royale. Son travail lui a permis de recevoir de nombreuses récompenses et des collaborations avec de grandes Maison Française. Ses propositions très minimalistes n’ont cependant pas vraiment leur place durant cette semaine.

Christian_Lagerwaard_Couture_SS15

Parmi les couturiers français, on retrouve Ana Quasoar et sa mode intemporelle. Ses mannequins dans le plus pur style  « jolie Madame » avancent sûr d’elles sur leur stylettos  Walter Steiger : qui a dit que le classicisme n’aime pas se twister de modernité ! L’importance est donnée à la femme, le seul but de la créatrice est de rendre belles ses clientes en toutes occasions. Les broderies sont délicates et les étoffes de couleur virevoltent au moindre déplacement de celles qui les porte. De saison en saison Ana Quasoar démontre qu’un spécialiste de la robe de mariée peut également habiller toute l’assemblée lors de cette journée placée sous le signe de l’élégance.

Ana_Quasoar_Couture_SS2015

Loris Azzaro est présent pour la deuxième fois au calendrier off de la Haute Couture en prouvant une fois de plus que les robes du soir peuvent être modernes et sexy. Le créateur de la griffe l’avait déjà démontré en son temps et ses héritiers continuent de le prouver. Quel plaisir de voir ses femmes élégantes et actuelles semblant tout droit sorties d’une somptueuse fête où le dress code est « never to much sexy chic ».

Loris_Azzaro_Couture_SS15

Alexandre de Lima, lui aussi, revient avec une seconde collection parfaitement maîtrisée. Pas de faute de goût avec ses bases classiques qu’il mixe de modernité avec des shorts, des mélanges de matières, des transparences et un style qui lui donne sa propre personnalité. En plus de faire de très beaux vêtements, il propose une ligne d’accessoires couture qui finalisent à merveille ses tenues.

Alexandre_Delima_Couture_SS15

Frédéric Blanc

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