Hyères 2013, un festival qui met la création internationale à l’honneur.

By on 01/05/2013

Festival de la mode et de la photographie de Hyères 2013

Le plus important des festivals de mode et de photographie a révélé dimanche 28 Avril 2013 ses lauréats.

Grand Prix du Jury Première Vision : Satu Maaranen (Finlande) qui, depuis 2001, a intégré le studio Marimekko, la célèbre marque Finlandaise au rayonnement mondial.

Felipe Oliveira Baptista, Satu Maaranen et Philippe Pasquet

Elle remporte grâce au salon Première Vision une somme de 15 000€ ainsi et une présence à Paris et New York lors des prochaines éditions du salon, ainsi que dans plusieurs magasins Galeries Lafayette.

Satu_Maaranen_ Grand Prix du Jury Première Vision Hyères 2013

Prix Chloé : Camille Kunz (Suisse), qui défilait également dans la section masculine.

Camille Kunz Prix Chloé Hyères 2013

Elle reçoit également une somme de 15 000€ de la part de la Maison Chloé.

Prix du Public de la Ville d’Hyères : Shanshan Ruan (Chine)

shanshan_ruan_Prix du Public de la Ville de Hyères 2013

Prix du Public du Palais de Tokyo d’où le défilé était retransmis en direct : Yvonne Poei-Yie Kkow (Pays-Bas)

yvonne_poei_yie_kwok_Prix du Public du Palais de Tokyo Hyères 2013

Grand Prix du Jury Photographie : Petros Efstathiadis ( Grèce)

Efstathiadis_Petros_Father

Dotation School of Visual Arts: Ana Orlowska (Pologne)

Anna_Orlowska

Prix de Public de la Ville d’Hyères: Emile Barret ( France)

Emile_BarretHyères n’est pas uniquement un festival révélant des nouveaux talents, mais également un lieu d’échanges qui permet aux professionnels de soulever des questions et d’essayer d’y répondre. Pour cela trois tables rondes ont été organisées sur les thèmes suivants :

-ré-industrialisation : Utopie ou réalité ?

A l’ère de la mondialisation, là où l’industrie française de la mode semble promise à disparaître à plus ou moins court terme, il est indispensable que le monde du textile et celui de la mode réagissent et affirment leurs spécificités.

Autour de Laurent Raoul, les intervenants Corinne Fénéon, Philippe Pasquet, Patrick Pergament, Ralph Toledano et Daniel Juvin ont apporté un éclairage nouveau sur la nécessité de maintenir et de développer ce tissu industriel français. Au triptyque qualité, réactivité et créativité s’ajoute de nouvelles pistes de réflexion, parmi lesquelles la délocalisation de certaines productions pour mieux en gérer d’autres nécessitant un savoir-faire plus pointu. Cette solution offre à certaines fabrications la proximité entre lieux de création et de décision.

L’autre souci majeur de la ré-industrialisation se trouve être, indépendamment du prix (il est légitime de payer le luxe plus cher), la formation, qui souffre de la mauvaise image et du désintérêt des jeunes pour ce domaine. Il faut rappeler que la mode a besoin de créateurs et de développeurs, mais aussi de manufacturiers. L’industrie n’est pas morte mais elle doit, par sa réactivité, s’adapter aux besoins des créateurs. Il faut tendre vers un « esprit de corps » de l’industrie du textile, afin de relever le défi.

– Les Industries créatives en Europe : Création, Innovation et Compétitivité.

Accompagné de Pascal Morand, les intervenants Dominique Barbiery, Miguel Fluxa Orti, Pierre Oudart, Stephan Schwarz et Sidney Toledano ont débattu de l’importance des industries créatives que sont entre autres la mode, le design, les jeux vidéo, la musique, la communication, les médias, etc.

La morosité économique actuelle est contrebalancée par un certain optimisme lié à plusieurs facteurs : l’Europe, et la France en particulier, ont une richesse incomparable de savoir-faire et de vitalité créative qui doit perdurer. La mode et le luxe représentent  le fer de lance de ces industries créatives en France. Elles se développent également rapidement dans d’autres pays européens, notamment à Berlin, où l’écosystème créatif est florissant.

Il faut y adjoindre la nécessité de faire tomber les barrières entre ces entreprises. Des synergies doivent se développer, les frontières entre elles doivent s’estomper sans dissoudre la concurrence qui entraîne une forme d’émulation.

Les pouvoirs publics à l’échelle française et européenne doivent prendre la pleine mesure des industries créatives, qui jouent un rôle très important dans l’économie.

La formation aux métiers de la création, du développement et de la production est à cet égard une pierre angulaire de l’édifice et doit être soutenue par l’Etat. Le financement est un autre enjeu majeur, où la Caisse des dépôts et la Banque Publique d’Investissement (BPI) jouent un rôle central. La mode et le luxe ont l’obligation de tirer vers le haut ces industries. Elles sont source d’emplois, d’exportations et de richesses, comme d’inspiration pour les autres industries.

– Un photographe en campagne

Charles Fréger, photographe, associé à Raphaëlle Stopin, a décrit lors de cette table ronde consacrée à la photographie son livre, ses photos et plus particulièrement ses séries. Les  séries, voilà la façon de travailler de cet artiste. Après les portraits de joueurs de water-polo, de majorettes, la série Fantasia, Charles Fréger a présenté la série Wilder Mann, représentation de l’homme sauvage à travers l’Europe. Pour autant, ce photographe n’est pas si éloigné du monde de la mode auquel il impose sa vision et ses codes. Sa récente série pour la chemise Lacoste l’illustre dans différents sports régionaux français. Si l’exposition n’est pas pour lui une fin en soi, il n’en est pas de même pour l’édition de livres, qui met un point final à une série et  lui permet d’en faire son deuil.

Propos recueillis par Jimmy Pihet, responsable de la communication à la Fédération française de la Couture du Prêt-à-Porter des Couturiers et des  créateurs de Mode.

Frédéric Blanc

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