Le Denim Japonais s’expose à Paris

By on 11/02/2013

Exposition le Triomphe du Denim

Pour beaucoup, la culture du riz au Japon a toujours été la richesse du pays, mais il faut savoir qu’au 17ème siècle le coton avait plus de valeur d’échange que le riz. Récolté dans le sud du département d’Okayama, il est traité à l’époque comme un produit noble. Sa première transformation débute à Kojima et c’est  en 1789 qu’apparaît le premier fil qui sera à l’origine du jean Kojima actuel. Il s’agit d’une corde tressée à plat, nommée « corde Sanada », nom en hommage au grand samouraï Sanada Masayuki et chef du clan Sanada, qui l’avait utilisée pour couvrir la poignée de son Katana (sabre Japonais).

Au 19ème siècle, cette corde est fabriquée dans tout Kojima, mais sa production est stoppée net avec l’interdiction de porter des Katanas. La région se tourne vers de nouveaux produits comme les tabis (chaussettes traditionnelles), les mèches de lampes, les guêtres….La fin de la deuxième guerre mondiale entraînant l’occidentalisation de la vie et des coutumes, les commandes évoluent et obligent les industriels à se remette en question. Ils  se lancent alors dans la production d’uniformes en coton, destinés aux étudiants. A partir de 1950, avec l’arrivée des modes américaines, le chino fait son entrée par l’intermédiaire des militaires. Le côté trop rêche au goût des japonais des toiles denim les oblige à réaliser un procédé de lavage afin d’attendrir les tissus. Ce problème initial devient une force, dès les années 60, avec la demande croissante de jeans japonais. Grâce aux jeux olympiques de Tokyo, l’engouement national pour ce vêtement  s’est accéléré pour devenir aujourd’hui un mouvement mondial.

techniques artisanales du travail du denim

C’est en Avril 1965 qu’est né le premier jean 100% japonais sous la marque « CANTON » (nom imposé par le fournisseur de textile Canton Mills).

Le début des années 70 marque un tournant pour Kojima. La ville des uniformes devient la « ville  des jeans ». Ensuite, lavage en pierre, premium jeans transformés en vintage, version skinny,…. Quelques marques Japonaises ont, bien sûr, disparu suite aux divers courants de mode.  Il reste, cependant, encore aujourd’hui  plus de 30 entreprises variées, de grandes marques ou indépendantes et originales, nouvelles ou anciennes, petites ou grandes. Et même si la crise a atteint le pays, la région continue de porter l’ADN du jean et un savoir-faire acquis depuis l’ère Edo.

L’exposition «  Tradition de l’industrie textile de Kurashiki, JAPON » que je vous propose de visiter du 14 AU 16 Février 2013 à la Galerie Kogan, vous permettra de découvrir la technique ancestrale du travail du tissu au travers du denim et de différentes marques venues exposer à cette occasion. Vous pourrez en profiter pour acquérir des modèles exclusifs créés par des griffes inconnues dans notre pays et faire connaissance avec cette région.

exposition Tradition de l’industrie textile de Kurashiki, JAPON

Vous découvrez également l’invention du « Masking Tape » et son utilité artistique. A cette occasion une voiture Mitsubishi sera entièrement recouverte de ce fameux adhésif japonais provenant de la ville de Kurashiki.

Marques présentes :

SARL KlAX-ON : spécialisée dans un denim rigide à la base, mais qui s’adapte au corps et s’assouplit avec le temps.

HIGHROCK : une marque familiale qui adapte le jean à chaque morphologie.

PURE BLUE JAPAN : s’intéresse plus particulièrement au bleu « indigo rope dye »

KURASHIKI KIMONO KOMACHI : spécialisée dans le kimono en denim et les vêtements traditionnels ainsi que les accessoires traditionnels.

S.A TORAICHI : fabricant de vêtements de travail reconnu par les artisans de premier ordre. http://toraichi.com

TAKATA ORIMNO S.A : spécialiste du Héri, tissu qui borde le Tatami. Tressé par mono filaments de polyéthylène de polypropylène, le Héri est un tissu uniquement Japonais. Possibilité de faire fabriquer sac, porte-monnaie ou ceinture personnalisés parmi plus de 1000 sortes de Héri.

S.A BAISTONE : née à Kurashiki où sont produites 70% des toiles japonaises, la marque « Jobu » crée des ustensiles pour une utilisation quotidienne.

MATSUI ORIMONI S.A : fabricant d’outils depuis l’ère Meiji (1868-1912),la société propose de mixer les techniques ancestrales aux techniques innovantes  pour mieux répondre à la demande de ses partenaires.

S.A SHOWA : fabricant de tissus tressés et d’étoles en matières naturelles comme le coton et le chanvre.

« Tradition de l’industrie textile de Kurashiki » à la Kogan Gallery du 14 au 16 Février 2013 de 10à 18h : 96bis, rue de Beaubourg 75003 Paris.

Frédéric Blanc

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