Le grand retour de l’ethnique

By on 02/03/2016

Sujet inépuisable d’inspiration pour les créateurs de tissus, les motifs ethniques font régulièrement leur retour et la joie des créateurs, qui s’amusent à les utiliser dans leurs collections estivales pour une envie d’évasion immédiate.

L’été 2016 ne fera pas exception à la règle et ces motifs s’emparent du vestiaire féminin en apportant aux tenues des notes colorées, fraîches, romantiques, lointaines et artisanales.

Renifleur de tendances, le magasin Merci n’est pas passé à côté de ce phénomène en mettant le Wax à l’honneur, à l’occasion de la Paris fashion week. Ce tissu emblématique du continent africain est immédiatement reconnaissable grâce à ses motifs exubérants, humoristiques ou populaires aux couleurs vibrantes avec lequel les femmes adorent se faire des tenues tout comme certains hommes pour des costumes hyper flashy.

Batik indonésien à l’origine, ce coton est imprimé à la cire par des machines à gros cylindres très sophistiquées fabriqué et produit depuis 1846 par la l’usine Vlisco en Hollande, puis expédié en Afrique. Ce continent l’a adopté pour ses boubous traditionnels que la jeune génération de créateurs locaux utilise aussi bien pour des réalisations contemporaines en mode, qu’en bijoux ou en accessoires de maison.

Au travers de cette exposition, Merci fait découvrir une Afrique contemporaine, authentique et sans folklore tout à fait capable de s’adapter à notre mode dont la mixité des styles fait notre richesse.

Deux thèmes y sont déclinés d’une part avec la flamboyance et d’une part le noir et blanc graphique.

La flamboyance est illustrée au travers des créations de Maison Château Rouge, label créé par deux frères sénégalais installés dans le quartier africain de Paris. Le streetwear est l’inspiration principale avec des tops colorés mixant modernité et tradition.

Collection_CHATEAU_ROUGE_2016

Une collection estampillée Merci s’ajoute à cette sélection dans des wax jaunes et bleus pétants ou aubergine saturée avec des dessins géométriques ou d’inspiration animalière.

Expo_Wax_Merci_CHATEAU_ROUGE

La marque militante Sawa, basée en Ethiopie, propose ses sneakers made in Africa et Merci a fait appel à des créateurs comme Mikuti, Loving Africa, Sidai et Crescioni, travaillant en étroite relation avec des artisans locaux, pour utiliser leur savoir-faire ancestral afin de compléter le tout d’une ligne d’accessoires (bagues, bracelets, broches….) ludique, poétique et moderne.

Sneakers_TOMBOUCTOU

Le graphisme noir et blanc se marie à d’autres matières comme le plastique et l’alu. Pièce maîtresse de ce thème, un immense canapé Merci recouvert de housses en wax à larges motifs cinétiques dont MadameLaBroc, connue pour ses meubles 50 chinés et revisités, habille du même tissu des petites tables et un étonnant porte-pots de l’époque. On y découvre également deux fauteuils en bambou à hauts dossiers, revêtus de fils de pêche, entourés de toutes sortes de paniers, corbeilles, coupelles, fabriqués à la main issus des collections de Mifuko, Delphine Kohler du Facteur Céleste, ainsi que des bocaux avec des fourreaux en plastique tissés en damiers ou à rayures que le CSAO fait réaliser au Sénégal, ainsi que des animaux en grosses perles de verre conçus par des artistes nigérians. Une passerelle entre Occident et Afrique est établie au travers de tables basses imaginées par Studio Monsieur et Valentine Dubois, jeunes designers français, et réalisées par Emmanuel Ilboudo, artisan fondateur Burkinabé dont l’association Hors Piste en est l’instigatrice.

Pour une immersion totale, une cabane en planches aux couleurs flashy a été installée. On y est propose le jus de bissap et le Coca-Cola local, réalisé à partir de fleurs d’hibiscus séchées dont Maison Château Rouge a revu le design.

Coca-cola_Africain_par_Chateau_rouge

Exposition So Wax du 27 Février au 26 Mars chez Merci 11 boulevard Beaumarchais, Paris 3.

En matière d’accessoires, quand on pense ethnique, une marque de bijoux vient immédiatement à l’esprit : Césarée. La société familiale, créée en 1980 à Saint-Raphaël par Richard et Tita Coupelon, respectivement architecte et décoratrice, présentait à la base des objets de décoration, d’artisanat et des pièces anciennes sélectionnées en Inde et en Asie, ainsi que quelques bijoux créés par leur fille Laurence Coupelon, dont l’amour de l’Asie est la principale motivation.
Elle commence par étudier les langues orientales qui l’amènent jusqu’à un doctorat de chinois. Son intérêt pour ce pays la pousse à réaliser de nombreux voyages afin de mieux comprendre la civilisation asiatique et c’est au travers de la marque que ses parents lui donnent l’occasion de développer sa sensibilité artistique dans la réalisation de bijoux d’inspiration ethnique brute.

Elle n’hésite pas à mixer des matières naturelles, telles que le bois, l’os, le métal, la corne, le corail, la turquoise, les pierres fines… pour la fabrication de ses bijoux, voire même d’y inclure des pièces anciennes chinoises, afghanes, turkmènes…. pour des pièces uniques.

1987 marque un tournant avec son installation à Paris, rue Madame où, tout en continuant à créer pour elle, elle commence des collaborations pour d’autres couturiers.

1996, la consécration arrive avec l’ouverture de sa première boutique au cœur de Saint-Germain des Prés.

Depuis, Césarée est devenue la marque de bijoux ethniques de prestige incontournable, à visiter impérativement, même lorsque cette tendance est moins présente , chaque pièce étant une véritable œuvre d’art indémodable.

Cesarée_Bijoux

Césarée : 11 rue du Dragon, Paris 6

Autre spécialiste du bijoux bling bling, qui consacre sa nouvelle collection à l’ethnique : Shourouk. Après avoir travaillé pour différentes maisons comme Chloé, John Galliano et Roberto Cavalli, pour Shourouk Reim l’idée de créer sa marque devient une évidence en 2008 et elle s’impose immédiatement comme une référence spécialisée dans les accessoires en cristal coloré et show off. Elle collabore avec de nombreux créateurs et entre parmi les membres invités du groupe Swarovski. Son amour de l’accessoire ne se limite pas aux bijoux, elle étend sa passion aux petits sacs, aux casquettes, qu’elle orne de cristaux, et même aux baskets.

Pour cet été, elle s’est penchée sur l’image d’une grande artiste et imagine la malle aux bijoux de Frida Kahlo version 2016. Aussi, s’est-elle replongée dans l’imagerie de cette personnalité atypique et colorée ainsi que dans l’artisanat d’Amérique du Sud pour parer ses clientes de pièces richement colorées et au pouvoir d’évasion assuré.

Shorouk_collection _Frida_Kahlo_PE_2016

S’il est un accessoire qui symbolise également l’esprit ethnique et qui se mélange aisément à de nombreux styles, c’est bien le sac à main dont la surface laisse libre cours à de nombreuses fantaisies. La toute jeune marque Mimi by Mawahib est à adopter immédiatement pour ses créations « hand made in Paris »et dont chaque modèle est une pièce unique. Amoureuse des pochettes et du style bohemian chic qui lui ressemble tant, Mawahib, surnommée Mimi par ses amis, ne s’est pas lancée au hasard dans cette aventure. Proche de la mode par son expérience de journaliste, elle collectionne, au cours de ses nombreux voyages, des tissus berbères ancestraux et des bijoux vintage lui rappelant ses origines marocaines et c’est en les regardant que l’idée de sa première collection lui est venue. Elégantes et authentiques à porter tout au long de la journée et même pour le soir, ses pochettes au style affirmé sont dans le tempo idéal pour accessoiriser vos looks bohème chic ou apporter une note de fantaisie à un tailleur classique et ainsi toujours assumer votre style.

Sacs_Mimi_by_Mawahib

En matière de prêt-à-porter, de nombreuses marques se sont spécialisées dans ce domaine et continuent de le travailler à longueur d’année, comme par exemple Antik Batik qui en a fait son image avec ses collections réalisées en Inde. On y retrouve des chemises tunisiennes, des tops, des jupes, des robes et des ensembles en coton léger agrémentés de perles ou de broderies colorées, des vestes matelassées aux coupes d’inspiration asiatique, des pantalons et des shorts confortables sans oublier les accessoires emblématiques de la maison.

Chaumet_musee_ephemere_Education_sentimentale

Autre marque à adopter impérativement pour celles qui souhaitent une allure romantico ethnique, Mes Demoiselles, créée en 2006 par Anita Radavanovic dont la passion des voyages se traduit dans les créations. Fidèle à son fil conducteur, elle consacre son dernier opus à ce style jeune, cool, aérien dans des robes et des ensembles légers que l’on imagine loin de la grisaille parisienne. L’avantage est que l’inspiration provient plus des formes que de l’exagération des motifs et des couleurs. Il est facile de mixer les pièces pour réaliser un style à la croisée des chemins entre la ville et la plage.

Mes_Demoiselles_PE_2016

Mes Demoiselles propose également une ligne mariage à destination de jeunes filles hyper romantiques ne souhaitant pas sacrifier leur style pour leur plus beau jour dans une robe conventionnelle. Le plus de cette ligne abordable : ces robes bohêmes sont facile à remettre lors des vacances ou de soirées dès que la belle saison fait son retour.

Mes_demoiselles_Collection_Mariage_PE_2016

ART/C est assurément le label ethnique par excellence. Entre prêt-à-porter et couture, les tenues sont souvent faites à partir de tissus vintage, d’associations de matières et d’imprimés insolites, comme des tapis persans transformés en manteau, des djellabas revisitées, des broderies, des ornements et des boutons caftans se mêlant à des couleurs vives, que le créateur travaille de façon occidentale. Touche-à-tout, danseur, animateur télé, gérant d’un magasin branché de tel Aviv, ART/C s’est essayé à de nombreux métiers avant de se lancer dans la création qu’il a appréhendée de façon totalement autodidacte. En alliant sa passion des étoffes anciennes à celle de la mode, il réalise ses premières tenues atypiques pour homme et femme, qu’iI présente pour la première fois à Paris en marge des défilés haute couture en Juillet 2010.

Installé depuis à Marrakech, ville dans laquelle il puise ses inspirations, il continue d’élaborer ses collections tout en travaillant sur des projets artistiques avec l’artiste marocain Hassan Hajaj.

ART/C

Si vous avez la chance de passer à Marrakech, vous pourrez découvrir ses créations à la boutique 33 située dans la Medina.

On retrouve ce style ethnique dans de nombreuses marques. Pour celles qui n’osent pas l’adopter pour leurs tenues, elles peuvent jouer sur l’accessoirisation, qui reste une valeur sûre et apporte immédiatement une note colorée et originale. N’hésitez pas à investir dans des sacs ou des pochettes, des foulards et des bijoux présents dans les magasins ou sur le site de la tête chercheuse de la mode Fashiondealeuse, toujours à la pointe des tendances.

Deby_Debo_Maje_Christophe_Sauvat_PE_2016Deby Debo, Maje, Christophe Sauvat

Joanique_Maskara_Collection_PE_2016Bijoux et clutchs Joanique collection Maskara

Sasha_Berry_Collection _PE_2016_Ikat_OuzbekIkat Ouzbek Sasha Berry

STEPHANE_VERDINO_new_cabas_kilimCabas Kilim Stephane Verdino

Bijoux_Mademoiselle_Antoinette et Elise_Tsikis_PE_2016Boucles Mademoiselle Antoinette et parures Elise Tsikis

Selection_Fashiondealeuse_PE_2016

Plastron dents en émail noir et argent, tour de cou dents or sélection AB’BAD par  Fashiondealeuse,  manchette et bracelet or et pyrite, boucles d’oreilles or et cristal de roche, chaine or et cristal vert : Azucar chez Fashiondealeuse.

Bijoux_Delphes_selection_Fashiondealeuse-ete_2016Bijoux Delphes sélection Fashiondealeuse 

Pour allier bonne action et mode adoptez les bracelets Yawanawa, la marque éthique de bracelets brésiliens uniques réalisés à la main par la tribu amazonienne éponyme. Bijoux traditionnels portés par la tribu, leur tissage nécessite en moyenne trois jours pour un rendu proche de la perfection. Sans ouverture ni attache, les indiens les enfilent comme des talismans pour se protéger des mauvais esprits, ils remplacent le rôle protecteur qu’avaient auparavant les peintures corporelles. Découvert il y a deux ans par une jeune entrepreneuse suédoise vivant à Paris, elle les commercialise depuis Février 2016 sous le nom de projet Yawanawa avec comme objectif de reverser 50% des bénéfices à la tribu, lui permettant ainsi un accès à l’éducation et la diffusion de sa culture dans le monde.

Bracelets_Bresiliens_Yawanawa

En vente sur le site www.yawanawa.fr . La collection va prochainement s’enrichir de bagues et de bandeaux traditionnels.

Frédéric Blanc

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