Les collections hors calendrier de la Haute Couture 2015-16

By on 16/07/2015

En marge des collections haute couture qui se sont déroulées à Paris du 5 au 9 Juillet 2015, de nombreuses maisons françaises et étrangères, non inscrites au calendrier officiel, ont profité de cette semaine pour présenter leur ligne couture.

La France a été représentée par :

Fred Sathal, qui avait fait une entrée au calendrier officiel de la Fédération Française de la Couture en tant que membre invité la saison dernière, mais qui n’a pas été reconduite. Elle a opté pour une présentation de sa collection baptisée « Arborescence » dans laquelle elle explore les strates intérieures de l’étoffe, l’arborescence de ses méthodes et de ses savoir-faire. Elle a souhaité mettre en avant le recto comme le verso au travers de nouvelles ornementations, nouages, tissages et de broderies.

Fred_Sathal_Couture_AH_2015-16_©_Gilad_Sasporta

Alexandre Delima, qui affirme son style au travers de sa troisième collection, nous propose des lignes sobres sans show off pour une garde-robe actuelle à destination de femmes d’aujourd’hui à la recherche d’un vrai vestiaire et non de robes de princesse.

Alexandre Delima_Couture_AH_2015-16

La Maison Loris Azzaro fait revivre ses grandes heures de gloire des années 70/80 au travers de propositions glamour, dignes des grandes stars de l’époque, qui ne juraient que par le couturier. Très Disco, ces tenues sont parfaites sur les dance floors et ne passent pas inaperçues.

Loris_Azzaro_Couture_AH_2015-16

Manu Reas a commencé aux côtés de grands noms comme Isabel Marant, Claudine Ivari et John Galliano avant de s’exprimer au travers de son propre label depuis 2012 en Prêt-à-porter et deux ans après en couture. Sa collection hivernale s’inspire d’un monde ésotérique, mêlant les codes nous rappelant le monde de « Narnia » et la reine des glaces, à une mode plus actuelle.

Manu_Reas_Couture_AH_2015-16

Ludovic Winterstan a fait une entrée fort remarquée au cours de cette semaine avec sa première collection entièrement noire. Proche de l’univers Margiela, période pré Galliano et Givenchy par Riccardo Tisci, on découvre au premier coup d’œil un vrai passionné du vêtement, de la coupe et une obsession du détail. Espérons que ce premier défilé prometteur rencontrera son public et surtout des clientes qui lui permettront de nous faire découvrir un peu plus l’étendue de son talent.

Ludovic_Winterstan_Couture_AH-2015-16_©_Pascal_Latil

Eymeric François, que l’on ne présente plus après 15 ans de maison, a voulu marquer le coup avec un grand défilé comprenant en première partie sa nouvelle collection avec des tenues où le noir est prédominant avec des touches de couleurs comme le jaune, le turquoise et le corail.

Eymeric_François_Couture_AH_2015-16_©_jean_Louis_Coulombel

La seconde partie a consisté en un best off de ses collections avec entre autres les robes à épingles et à zips, qui ont fait son succès et qui restent toujours aussi modernes.

Eymeric_François_Final_Retrospective_15_ans de Mode_©_Jean_Louis_Coulombel

Pour preuve de l’ouverture d’esprit d’Eymeric, il a invité en ouverture de son show le jeune couturier Serbe, Zvonko Markovic, à défiler pour la première fois à Paris. Réputé à Belgrade comme un des plus grands couturiers, il excelle dans l’artisanat du cuir, tradition des Balkans, où broderies, dentelles en touches délicates sont devenues sa signature.

Zvonko_Markovic_Couture_AH-2015-16_©_Jean_Louis_Coulombel

Les Pays de l’Est ont été représentés par Yanina, qui s’est replongée dans la grande époque des femmes élégantes avec des tailleurs et des ensembles mélangeant le style des années 50 aux broderies délicates d’inspiration russe. Pour le soir, elle reste fidèle à ses robes longues transparentes ou ajourées qui ont fait son succès.

Yanina_Couture_AH_2015-16

Svetlana Kushnerova a délaissé ses plaines du Kazakhstan pour présenter sa nouvelle vison de la femme haute couture et cela méritait bien le déplacement. Sa cliente est rajeunie et revendique son goût pour les matières nobles comme le cuir et la fourrure. Puisqu’elle est jeune, la femme Kushnerova n’hésite pas non plus à dévoiler son corps au travers de jeux de transparences et à se parer de fleurs sorties des ateliers Legeron, tout comme l’indique le nom de sa collection : « Fleurs d’hiver ». Jusqu’auboutiste, la créatrice a souhaité assortir chaque tenue à sa chaussure faite sur mesure.

Svetlana_Kushnerova_Couture_AH_2015-16_©_Victor_Boyko

La Maison russe Irfé a vu le jour à Paris en 1924 sous l’initiative du couple princier Youssoupoff. Le nom, en hommage à leur amour, provient de la contraction de leurs deux prénoms Irina et Félix. Leurs créations modernes et androgynes se font vite remarquer par les « garçonnes » des années 30. La marque s’éteint dans les années 60, mais renaît grâce à son rachat en 2006 par Olga Sorokina. Elle est aujourd’hui basée à Paris dans ses nouveaux locaux du premier arrondissement. Une collection couture a été présentée à destination de jeunes femmes de la jet set internationale à la recherche de tenues modernes d’exception pouvant être portées du matin au soir tout en restant au goût du jour.

Irfé_Couture_AH_2015-16

Le Liban et sa cohorte de couturiers nous a livré une cascade de robes du soir. On y retrouve en tête de fil Georges Chakra avec des propositions allant du cocktail au grand soir pour des femmes élégantes n’hésitant pas à jouer la couleur et les éclats pour briller en société.

Georges_Chakra_Couture_AH-2015-16

Georges Hobeika continue sur sa lancée en s’adressant à des jeunes femmes sages et romantiques aimant les couleurs poudrées. Il donne la part belle aux robes longues, mais il est à souligner que le couturier propose aussi des robes courtes et des modèles mixant jupes et pantalons donnant un sérieux coup de jeune à sa couture.

Georges_Hobeika_Couture_AH_2015-16

Abed Mahfouz, habitué de la semaine de l’alta moda à Rome, a présenté pour la première fois à Paris sa vision du soir, tout comme Tony Ward, habitué des podiums parisiens.

Abed_Mahfouz_et_Tony_Ward_Couture_AH_2015-16Abed Mahfouz et Tony Ward

Rami Kadi, déjà repéré la saison dernière pour sa modernité, revient avec une collection plus classique en apparence, mais toujours plus jeune que celles de ses confrères libanais. Même s’il donne la part belle aux robes de soir, elles s’adressent à des femmes plus jeunes qui ont envie de se faire remarquer par des tenues qui deviennent phosphorescences la nuit tombée. Le mélange des matières confirme sa passion pour la couture et il n’hésite pas à imaginer de nouvelles techniques pour arriver à son but.

Rami_Kadi_Couture_AH_2015-16

La Syrie, quant à elle, a été représentée par Rami Al Ali avec sa collection tout en dégradés de pastels rose et bleu.

Rami_Al_ALi_Couture_AH_2015-16

Trois styles différents pour l’Asie avec le Malaisien Didit Hediprasetyo à destination de filles jeunes, esthètes en mode et ne souhaitant pas ressembler à leur mère dans des robes couture old fashion.

Didit_Hediprasetyo_Couture_AH_2015-16

Avec Busardi, composé d’un duo mère/fils Thaïlandais qui utilise le savoir-faire ancestrale du pays pour ses broderies qui ont fait sa renommée.

Busardi_Couture_AH_2015-16

Et enfin impossible de passer à côté de l’exposition de la grande star de la couture chinoise, Guo Pei, qui vient de se fait connaître internationalement par l’intermédiaire d’une de ses robes majestueuses que la chanteuse Rihanna arborait lors de Gala du Met 2015.

Guo_Pei_Couture_©_Olesya_Okuneva

Elle a réuni dans le décor prestigieux des Arts Décoratifs plus de 30 pièces représentant une petite partie de son expertise en matière de broderies et de techniques de coupe. Par ce premier passage en France, la couturière exprime sa volonté de s’établir à Paris, d’y fonder un atelier et une unité de production dans le but d’intégrer le cercle très fermé des « Membres Correspondants » du calendrier officiel.

Guo_Pei_Couture_©_Olesya_Okuneva

Tous ces défilés au calendrier off de la Fédération Française de la couture, malgré leurs talents et leur clientèle, prouvent qu’il est extrêmement difficile de se faire une place aux côtés de grandes maisons reconnues et entrer dans le sérail des grands couturiers. Pour d’autres, dont les moyens ne permettent pas d’organiser de grands shows à l’image de ces derniers, il est à noter la démarche originale du couturier Algérois, Zino Touafek, qui a choisi de présenter ses dernières créations sous forme d’happenings dans plusieurs lieux Parisiens, comme place de la Bourse ou sur les marches du Petit Palais. En plus de se faire remarquer par la profession, il a permis aux passants d’apprécier le show et de voir ainsi de près quelques créations entièrement fabriquées à la main dans la tradition couture.

Zino-Touafec_Couture_AH_2015-16

Frédéric Blanc

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