Les nouveautés de la Haute Couture Printemps-été 2016

By on 31/01/2016

Le mois de Janvier n’est pas uniquement le premier mois de l’année, c’est aussi la première fashion week femme de Paris et la plus prestigieuse du monde réservée à la haute couture.

La semaine de la mode est également la découverte de nouveautés, et la cuvée printemps-été 2016 n’est pas en reste avec l’accession de Yiqing Yin au rang de grand couturier.

YIqing_Yin_Grand_Couturier

Née en 1985 à Pékin en Chine, Yiqing Yin immigre en France à l’âge de 4 ans. Passionnée de mode, elle étudie à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs.

En 2010, son travail de recherche sur le vêtement qui protège et qui renforce, à la fois seconde peau et armure molle, lui fait remporter le Grand Prix de la Création de la ville de Paris et elle participe la même année au Festival International de la mode de Hyères.

2011 marque un tournant dans sa carrière avec le Prix Premières Collections de l’ANDAM, son premier défilé à Paris lors de la Fashion Week de Juillet et enfin l’accession de la Maison Yiqing Yin au calendrier officiel des présentations de la Fédération Française de la Couture en tant que membre invité.

Aujourd’hui, c’est en qualité de Grand Couturier qu’elle nous dévoile ses nouvelles propositions apportant une vraie modernité à la haute couture et faisant oublier les cargaisons de robes du soir uniquement destinées à la publicité des marques sur les tapis rouge.

Elle imagine ici un nouveau monde dans lequel elle fait table rase sur le passé en utilisant des matières brutes. On y retrouve sa volonté d’imaginer des vêtements comme des carapaces de protection au travers de la cotte de maille, de la peau, de la fourrure, des chaines, des cordes, du cuivre sans oublier l’organza liquide irisé.

Yiqing_Yin_Haute_Couture_SS-2016_©_SHOJI_FUJII

Entre fragilité et force, la haute couture Yiqing Yin,sait mettre en valeur le corps de la femme et les techniques couture permettent la réalisation de pièces d’exception tout à fait portables dans lesquelles les contrastes mode contemporaine et savoir-faire renforcent un style actuel, comme par exemple avec l’ajout de harnais en cuir ou de LED et de cordes de piano pour la robe du final, co-crée avec le sculpteur Bastien Bel. On notera également le partenariat avec la Maison Christian Louboutin, qui prouve son adaptabilité pour imaginer des souliers en parfaite adéquation avec la collection.

Yiqing_yin_Haute_Couture_SS_2016_©_SHOJI_FUJII

En plus de cette reconnaissance, il est à noter les arrivées, en tant que nouveaux membres « invités » des maisons Aouadi, Guo Pei et Iris Van Herpen autorisées à défiler au calendrier des collections couture aux côtés des 14 membres de la Fédération Française de la Couture du Prêt-à-porter des Couturiers et des créateurs de mode, des 7 membres correspondants et des 8 autres membres invités.

Membres_invités_2016_Calendrier_Couture_Parisienne_Yacine-Aouadi_Guo_Pei_Iris_Van_HerpenYacine Aouadi, Guo Pei, Iris Van Herpen

Yacine Aoudi, benjamin d’une famille d’origine algérienne de cinq enfants, est né en 1980 dans les quartiers nord de Marseille. Il commence par des études en médecine et en biochimie, avant de comprendre que sa réelle passion était la mode. A 26 ans, il entre au Studio Berçot de Paris où il obtient son diplôme après trois années de cursus. Il effectue différents stages et entre comme styliste chez Balmain, ce qui lui donne l’opportunité d’exercer son talent, d’approfondir ses connaissances et de se constituer un large réseau professionnel, qui lui permet aujourd’hui de défiler aux côtés des plus grands alors qu’il est inconnu de tous !

Après une première collection basée sur des tatouages réalisés en trompe l’œil qui avait séduit la presse et l’actrice Cate Blanchett, c’est sous la forme d’une présentation qu’il a dévoilé treize nouvelles silhouettes aux inspirations des années 20. A mi-chemin entre couture et prêt-à-porter de luxe, ses créations sont simples et raffinées pour un vestiaire complet contemporain. S’il privilégie le raffinement aux effets de style tape à l’œil, sa collection n’en est pas pour moins très réussie et s’il continue dans cette direction Aouadi Paris a toutes les chances de s’imposer comme un acteur majeur de la nouvelle couture française.

Aouadi_Paris_Couture_SS-2016

Guo Pei est loin d’être une inconnue en Chine. Elle fait partie des cinq meilleurs designers chinois selon le magazine japonais Asahi. Diplômée en 1986 de la Beijing School of Industrial Fashion Design, d’où elle sort major de sa promotion, elle commence sa carrière au sein de l’équipe créative de la société Tianma. En trois ans, elle dirige le studio et assure la responsabilité du design de l’entreprise qui atteint le top 10 des grandes marques chinoises.

En 1997, Guo Pei crée le premier atelier de couture à Beijing en Chine, baptisé Rose Studio, avec pour mission de sublimer le savoir-faire de la haute couture. Passionnée par les broderies traditionnelles, elle ouvre un atelier qui assure la formation des artisans brodeurs. Aujourd’hui, il a dépassé les frontières du pays grâce à un programme de coopération lancé depuis deux ans sur le thème « formation à la broderie » avec Beijing Industry and Trade Technical College. Rose Studio forme les enseignants et propose des stages et des emplois aux étudiants.

Depuis 2006, Guo Pei participe à la fashion week chinoise, reçoit le prix de la meilleure robe pour son défilé « Réincarnation » en 2007 et ses shows très attendus sont classés comme les plus spectaculaires.

En 2008, elle imagine les tenues pour les remises de prix aux jeux Olympiques qui lui apportent une visibilité mondiale. Le Metropolitan Museum de New-York choisit trois robes pour l’exposition « Throught the looking Glass » en Mai 2015 et enfin sa reconnaissance mondiale lui vient avec l’une de ses créations arborée par Rihanna au Met Ball à New-York.

Dans le but de se développer à l’international, Guo Pei a déjà présenté à Paris en Juillet dernier et ouvre ses premiers bureaux et ateliers dans la capitale de la haute couture. Il est donc tout à fait normal de la retrouver cette saison sur nos podiums parisiens.

Alors que nous nous attendions à un show digne de ces créations hors norme, la couturière nous a livré une collection très  «old fashion» rendant un très bel hommage aux broderies et à la délicatesse du savoir-faire chinois, mais très franchement sans grand intérêt mis à part le fait de séduire une clientèle internationale en recherche d’exotisme tout en restant classique. On espère bien voir du vrai Guo Pei dans six mois !

Guo_Pei_Couture_SS_2016

Iris Van Herpen, quant à elle, a préféré faire l’impasse cette saison et présenter son prêt-à-porter en Mars en attendant juillet 2016 pour défiler avec sa couture.

Outre ces trois nouvelles maisons qui ont bénéficié de la présence de la presse internationale et de celles des clientes les plus fortunées du monde, il est à souligner le retour de la Maison On Aura Tout Vu sur les podiums parisiens, après une pause d’une saison, les créateurs, Yassen Samouilov et Livia Stoianova, ayant souhaité se consacrer au lancement de la nouvelle marque de prêt-à-porter Couturissimo dont ils sont directeurs artistiques.

Fidèles au style de la maison, les créations sont résolument couture pour des femmes à la recherche de tenues différentes dans le respect du savoir-faire made in France et des techniques couture avant-gardistes. Toujours curieux des nouvelles technologies, les designers ont intégré des drones aux tenues. Se contenter de filmer le défilé par ce moyen aurait été mal les connaître ! Ils se sont associés à Parrot pour transformer des engins volants en pièces d’exception qui se sont mués en parures des temps modernes et en cavaliers pour mieux sublimer les femmes On Aura Tout Vu.

On_Aura_Tout_Vu_Collection_Couture_Jet_Lag_SS-2016

Notons que les deux créateurs, à la renommée internationale, se sont vus décerner en 2015 la distinction de membres d’honneur de l’Asian Couture Federation dont le président n’est autre que Monsieur Kenzo Takada.

On_Aura_Tout_Vu_Couture_SS_2016_Soir_Mariee

Depuis Juillet 2014, la maison Azzaro fait revivre sa couture sous l’impulsion du duo Arnaud Maillard et Alvaro Castejon et s’impose comme un acteur incontournable de la nouvelle haute couture à destination des jeunes filles modernes à la recherche de tenues uniques dans lesquelles elles peuvent vivre sans entraves.

Pour présenter les créations, un écrin exceptionnel était incontournable. C’est la raison pour laquelle, 45 ans après la naissance de la maison, le salon de couture a repris sa place le 1er décembre 2015 dans la boutique mythique du 65 rue du Faubourg Saint-Honoré, lieu où le fondateur Loris Azzaro avait établi en 1970 sa boutique-atelier.

Loris_Azzaro_Salons_Haute_Couture_Paris

Les codes de la maison sont respectés avec une importance toute spéciale donnée au noir, à l’argent et aux miroirs, emblèmes de la sensualité provocante et du glamour unique du monde de la nuit, cher au couturier.

C’est dans cet univers à l’esprit contemporain que la nouvelle collection qui s’inspire de la dualité entre force et douceur, rigidité et fluidité, classicisme et modernité est absolument à découvrir.

Azzaro_Couture_SS_2016

Frédéric Blanc

About Fred

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.