L’exposition Kimono, Au Bonheur des Dames, au musée Guimet

By on 07/05/2017

Symbole du japon, le kimono est indissociable de la culture de ce pays. Tenue à la fois simple dans sa construction, elle n’en reste pas moins chargée d’histoire et de complexités dans sa réalisation nécessitant le travail de plusieurs artisans spécialisés dans les dessins, la teinture, la broderie…

 

Pour la première fois hors du Japon, sont présentées des pièces de la collection de la célèbre Maison Matzuzakaya, fondée en 1611, qui joua un rôle fondamental dans la production et la diffusion du kimono, plus particulièrement auprès de la noblesse militaire, l’aristocratie impériale ou encore la bourgeoisie marchande.

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L’exposition a ouvert ses portes en février 2017 avec plus de 150 pièces des plus prestigieuses retraçant le fil de l’évolution de ce vêtement essentiel de la garde-robe au Japon, depuis l’époque d’Edo (1603-1868) jusqu’à l’époque contemporaine. Pour des raisons de sauvegarde de ces archives, ne supportant ni la lumière du jour et ni le gaz dégagé par la respiration des visiteurs, toute la partie ancienne vient d’être remplacée afin de faire découvrir d’autres tenues toujours aussi riches en création et en histoire.

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Nommé à l’origine «Kosode», il est porté comme un vêtement de dessous par l’aristocratie, avant d’être adopté par la classe des samouraïs pour l’extérieur, le kimono est vite devenu usuel pour toutes les classes de la population. Il est la tenue par excellence des japonais. Plus qu’un vêtement, il est également porteur de force visuelle et de sens dont l’inspiration initiale est la nature sous toutes ses formes. L’apogée décorative se situe avant le milieu du 18e siècle avec une surenchère de demandes toujours plus poussées qui oblige l’industrie textile à développer des techniques d’une haute complexité nécessitant un travail minutieux et réclamant une grande patience pour la réalisation des pièces avec des étoffes nouées et teintes minutieusement à la réserve, précieux tissus aux armures complexes et fils d’or.

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C’est à partir du milieu du 19ème siècle, grande période du japonisme, que le kimono fait son apparition en France. Il est porté comme vêtement d’intérieur par les élégantes.

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À partir du 20ème siècle, la haute couture française s’en empare et on le retrouve dans les collections de Paul Poiret (1879-1944) ou Madeleine Vionnet ( 1876-1975), dont les créations vaporeuses aux manches fluides reprennent les conceptions amples des kimonos.

Expo_Kimono_Musee_Guimet_2017_©_olesya_Okuneva_23A gauche –  les soeurs Callot – robe d’après-midi, manches kimono, jupe portefeuille, satin de soie, 1918. Au milieu – Paul Poiret – robe portefeuille d’après-midi – crêpe marocain de soie, crêpe georgette, crêpe de Chine imprimé, 1922. A droite – Madeleine Vionnet – manteau « Casanova » à larges manches kimono, crêpe de Chine, filé lamé, 1925

Aujourd’hui, de nombreux créateurs de mode japonais comme Yohji Yamamoto ou Issey Miyake revendiquent son influence de même qu’Yves Saint-Laurent, Jean Paul Gaultier, John Galliano ou Franck Sorbier qui s’inspirent du japon en réinterprétant les codes structurels du kimono tout en l’adaptant à l’époque.

Expo_Kimono_Musee_Guimet_2017_Yohji_Yamamoto_©_olesya_OkunevaYohji Yamamoto

Expo_Kimono_Musee_Guimet_2017_Issey_Miyake_©_olesya_OkunevaIssey Miyake

Expo_Kimono_Musee_Guimet_2017_Kenzo_Takada_©_olesya_OkunevaKenzo Takada

L’exposition propose une balade au travers et hors du temps débutant avec les pièces historiques de la maison Matsuzakaya accompagnée d’accessoires illustrant la condition féminine au japon de l’époque jusqu’à son implication dans la création actuelle dans la mode japonaise avec quelques créateurs emblématiques, dont les pièces de Junko Koshino avec six kimonos contemporains issus de ses collections récentes.

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Expo_Kimono_Musee_Guimet_2017_Junko_Koshino_©_olesya_Okuneva_19Junko Koshino

Il est à noter d’ailleurs que sans Junko Koshino, cette exposition n’aurait jamais vu le jour, cette dernière étant à l’initiative de faire découvrir ce patrimoine précieux japonais à Paris, la capitale de la mode.

Pour finir, l’exposition met à l’honneur des créations contemporaines s’inspirant de la forme du kimono revue et corrigée par l’imaginaire débordant des créateurs des maisons de couture françaises prouvant leur fascination pour ce vêtement riche d’histoire et toujours aussi actuel.

Expo_Kimono_Musee_Guimet_2017_YSL_JPG_Franck_Sorbier_©_olesya_OkunevaYves Saint-Laurent, Jean Paul Gaultier, Franck Sorbier

Expo_Kimono_Musee_Guimet_2017_Yves_Saint_laurent_©_olesya_OkunevaYves Saint-Laurent

Expo_Kimono_Musee_Guimet_2017_Jean_Paul_Gaultier_©_olesya_OkunevaJean Paul Gaultier

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Expo_Kimono_Musee_Guimet_2017_Christian_Dior_Broderies_©_olesya_OkunevaChristian Dior par John Galliano

Exposition Kimono, Au bonheur des dames du 22 février au 22 mai 2017-05-01

Musée national des arts asiatiques-Guimet : 6 place d’Iéna, Paris 16

Infos pratiques sur le www.guimet.fr

Frédéric Blanc : photos: Olesya Okuneva

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