Paris Fashion Week Homme Printemps-été 2017

By on 30/06/2016

Les créateurs français et internationaux viennent de clôturer à Paris les semaines de la mode masculine pour la saison printemps-été 2017. Comme à son habitude, Paris s’est fait remarquer par la créativité et la diversité des styles.

Les 49 marques inscrites au calendrier officiel de la Chambre Syndicale de la Mode Masculine et les nombreux défilés et présentations en marge de ce planning très chargé ont permis de mettre en avant des collections et des styles a adopter l’année prochaine et dont Fashion-Spider vous révèle ses coups de cœurs.

Le belge Walter van Beirendonck reste fidèle à ses défilés à message avec ce dernier opus intitulé « Why is a raven like a Wrinting-desk » dans lequel il s’exprime sur les comportements vestimentaires, les dérives de la mode et les maux du monde, tout en utilisant l’humour et la dérision. Si, au premier abord, sa mode peut paraître une mascarade, il se cache derrière un véritable savoir-faire de maître tailleur aux coupes savamment étudiées qu’il distille dans des looks extravagants. Comme toujours, il n’hésite pas à utiliser ses vêtements pour y broder des mots comme « brutal » et « beauty » et des ajouts d’accessoires, qui prennent cette saison la forme d’animaux sur des plastrons.

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Walter_Van_Beirendonck_SS_2017_©_Olesya_Okuneva

Walter_Van_Beirendonck_SS_17_Final_©_Olesya_Okuneva

Barnabe Hardy chez Carven confirme la tendance forte du sportswear qui s’impose comme l’incontournable du dressing. Ici pas de défilé classique, mais une présentation réalisée par des danseurs au travers d’un mur d’élastique mettant en avant le confort des tenues. A mi-chemin entre tenues de ville et vêtements de sport, les silhouettes sont jeunes, dynamiques et s’adaptent facilement au style chic décontracté de l’homme moderne urbain. Les baskets et une nouvelle forme de chaussures bateau dessinées par Barnabé Hardy viennent compléter l’ensemble.

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Boris Bidjan Saberi ne cherche pas à séduire le plus grand nombre avec ses créations underground, mais ses afficionados n’ont pas fini d’encenser sa dernière collection. Ses premiers modèles jouent sur la déconstruction du vêtement en faisant une démonstration de ses talents de tailleur. S’enchaînent plusieurs tenues entre noir et blanc avant l’arrivée de la couleur réchauffant l’ensemble par des tons allant des bruns aux jaunes.

Boris_Bidjan_Saberi_©_Dan_Lecca

Tel un voyageur, l’homme Issey Miyake aspire à des contrées lointaines. Son dressing est une véritable ode au voyage dans des matières fluides qui semblent flotter autour de lui. Yusuke Takahashi s’inspire de la fête de la couleur hindoue de Holi qui a lieu lors de l’équinoxe de printemps et dans laquelle les participants habillés de blanc se jettent des pigments colorés les uns sur les autres pour imaginer ses imprimés multicolores. Des impressions patchwork réalisées à la main nécessitant jusqu’à 5 à 10 motifs pour chaque imprimé sont appliquées sur certains modèles pour encore plus d’ethnique. Période estivale oblige, le confort est de mise avec des tissus naturels, gaufrés, plissés et froissés apportant une décontraction propice au farniente en toute élégance. Comme dans de nombreuses collections, les sandales sont présentes y compris pour la ville.

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On connaissait Maxime Simoens pour ses collections femme. Après l’arrêt de sa marque, il revient cette semaine avec M.X Maxime Simoens entièrement consacrée à l’homme. Résolument jeune, cette ligne joue sur l’activewear, le sportswear et le streetwear tout en y apportant la note créateur qui fait toute la différence. Jusqu’auboutiste, il ne se contente pas d’imaginer que ce qui se voit, mais il pare l’homme jusqu’à son intimité avec une ligne de sous-vêtements complète et de chaussettes qui s’assortissent parfaitement aux tenues. Marque globale, la maroquinerie vient compléter ce vestiaire qui se décline en trois univers : casual pour le quotidien, smart pour la vie active et le sportswear. Exigeant, Maxime Simoens met un point d’honneur à offrir le meilleur avec une fabrication européenne produite là où le savoir-faire est optimal. Les chemises proviennent d’Italie, les joggings, les sweatshirts, les t-shirts et les sous-vêtements en coton sont produits au Portugal et les jeans en Turquie.

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JUUN J fait partie des créateurs qui possèdent un réel univers. Dès le premier passage le ton est donné. Entre militaire et sportswear, l’allure est forte, décidée dans des coupes recherchées où les détails apportent le plus qui fait toute la différence. Si la mode est inspirée du sport, ce dernier prend ses lettres de noblesses avec de véritables créations dans lesquelles Juun J s’amuse a mélanger les genres et à mixer l’improbable pour un résultat véritablement innovant.

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Depuis 2006, Stephanie Hahn imagine pour sa marque 22/4 un vestiaire masculin et féminin entièrement réalisé dans son pays, en Allemagne, répondant aux normes et exigences de l’artisanat allemand de qualité. Si, elle aussi apporte des éléments sportifs comme les tissus techniques dans ses tenues de villes, elle y intègre également l’autre grande tendance de la saison : des éléments provenant des équipements utilitaires comme les bandes réfléchissantes, les fermetures éclairs, les ceintures de sécurité et les mousquetons. Il en résulte un vestiaire ultra dynamique parfaitement adapté à la vie urbaine dont les détails atypiques désacralisent les coupes et les belles matières classiques.

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Christian Dada a fait sa première apparition au calendrier officiel parisien depuis la saison dernière. Déjà repéré au calendrier off en 2014 à Paris son style atypique séduit où dérange. Né au Japon à Kagama, pays où les codes vestimentaires sont radicalement différents des nôtres. Il casse le principe sur lequel on adopte un vêtement à sa morphologie et part sur l’idée que ses pièces doivent incorporer l’identité du porteur.

On retrouve dans sa collection printemps-été sa touche d’éternel adolescent qui refuse de grandir et dont la rock attitude reste sa marque de fabrique.

Wooyoungmi fait incontestablement partie des plus beaux défilés de la semaine. Le vestiaire de l’homme est revisité pour faire de chaque pièce classique une nouvelle. Les chemises s’inventent une autre façon de se fermer. Les pantalons et les bermudas se superposent pour un effet kilt, les motifs géométriques amplifient les effets, tout comme les jeux de couleurs. Le vestiaire complet répond à tous les besoins d’un homme élégants sans oublier les shorts et les bermudas.

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Ovni de la fashion week Paris, Henrik Vibskov est atypique et c’est cela qu’on apprécie chez lui. Si certains se prennent au sérieux, chez lui c’est tout le contraire. Comme à son habitude, son défilé spectacle baptisé « Salami Kitchen of the non exi-stent » a transporté l’assistance dans une usine de saucissons où des bouchers se sont afférés à leur fabrication durant la totalité du show. Danois hyper créatif, il fait partie des créateurs qui font évoluer la mode en mêlant les pièces des deux sexes et en imaginant des formes et motifs toujours surprenants. Bien plus qu’un designer, Henrik Vibskov est un artiste au sens large qui s’est également fait remarquer par plusieurs expositions.

Henrik_Vibskov_Kitchen_Salami_SS17_Homme_©_VICTOR_JONES

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Nouveau venu au calendrier officiel, le japonais Sean Suen a lancé son label à Pékin en 2012. Architecte du vêtement, il fait reposer ses créations sur l’esthétisme, le chic et la décomposition de la structure et l’importance des belles matières. Excellente révélation de cette semaine, son vestiaire correspond exactement à l’homme moderne élégant et raffiné sans pour autant tomber dans le classique ni dans le trop décontracté. Les silhouettes sont parfaites, chaque homme peut y trouver son bonheur.

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Comme l’accoutumée, la Fashion Week Paris s’est clôturée avec le défilé spectacle de l’américain Thom Browne. Rendez-vous incontournable de cette semaine, il fait oublier la morosité ambiante des shows parisiens en rappelant l’opulence des shows italiens qui manque dans notre capitale de la mode. Direction une île déserte entièrement noire où nous attend un homme assis sous un palmier noir revêtu d’une combinaison smoking en néoprène. Le décor est planté, l’assistance se pose des questions, que va t’il se passer ? Entrée en scène d’un homme requin dans son costume impeccablement coupé, comme sait si bien le faire le maître tailleur, suivi d’hommes baleines et de perroquets blancs. Le suspens est à son comble jusqu’au déshabillage de ces derniers qui laissent tomber leurs costumes d’animaux au profit de combinaisons trompe l’œil laissant entrevoir l’esprit de la collection hyper colorée tranchant radicalement avec le décor. Tour à tour, les mannequins sont remplacés par d’autres portant des vêtements à l’identique des combinaisons. Pour mieux profiter de la mer, ils laissent enfin tomber leurs habits de ville pour se retrouver en maillots retro hyper colorés et sont rejoins par des hommes perroquets en costume de plumes colorées. Point d’orgue du show : un final où chaque mannequin prend place avec un total look maillot, chaussettes, chaussures et planche de surf face à une assistance conquise à 100%.

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A suivre prochainement les tendances homme printemps-été 2017

Frédéric Blanc

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