La Paris Fashion Week des styles aux antipodes !

By on 20/03/2016

On ne cesse de le répéter, il est de plus en plus difficile d’identifier les tendances à la suite des fashion weeks. Si New-York et Milan sont qualifiées de commerciales et Londres de plus créative, Paris semble tiraillée entre création, style et commercial. Avec les maisons au pouvoir financier illimité et celles beaucoup plus modestes, un fossé important se creuse et il devient extrêmement compliqué de trouver des liens entre elles.

Dans ce contexte, Fashion-spider a opté de vous livrer ses douze coups de cœurs pour la saison Automne-hiver 2016-17 allant des plus grands noms aux nouveaux créateurs présents au calendrier officiel de la Fédération.

Rochas, créée en 1925 par Marcel Rochas, fait partie incontestablement des marques parisiennes qui font la renommée de la France. Aujourd’hui, c’est sous la direction de l’italien Alessandro Dell’Acqua que la griffe continue d’écrire son histoire. Le créateur a conservé l’hyper féminité en jouant sur la légèreté des tissus pour un effet fraîcheur au cœur de l’hiver contrebalancée par des manteaux lourds en lainage ou en fourrure de couleur. L’esprit couture est présent au travers des matières précieuses et des détails de coupes.

Rochas_PaP_AH_2016-17Rochas

Pour son retour en grâce sur les podiums et dans les dressings, Emanuel Ungaro a choisi également un designer italien, Fausto Puglisi. Chaque collection, depuis son arrivée pour l’hiver 2013-14, revisite les fondamentaux instaurés par Monsieur Ungaro avec des mélanges d’imprimés, de couleurs et de broderies rehaussés de la touche ultra sexy et show off du créateur.

Ce n’est pas parce qu’on est en hiver que la sexy attitude doit perdre de sa superbe. Retenons les blouses transparentes sous des tailleurs classiques, les jupes ultra fendues sur des collants résilles, les dentelles laissant entrevoir la peau… l’or et la couleur venant réchauffer l’ensemble et permettant à la femme Ungaro d’assouvir sa volonté de ne pas passer inaperçue et c’est cela que nous adorons.

Emanuel_Ungaro_PaP_AH_2016-17_©_Patrice_StableEmanuel Ungaro

Vionnet a connu son apogée de 1912 à 1939 sous la direction de sa créatrice, Madeleine Vionnet. Durant 27 ans, elle consacre sa vie à la mode afin de trouver le juste milieu entre expérimentation et élégance. Baptisé « l’architecte parmi les couturières » ce grand nom de la mode est resté dans les mémoires de tous mais il a fallu attendre 1996 pour entendre à nouveau en parler timidement. Après les rachats successifs de la maison et le passage de différents directeurs artistiques, Vionnet, sous l’impulsion de la femme d’affaire Kazakh Goga Ashkenazi, voit enfin depuis 2014 les premiers signes d’un grand retour avec la nomination d’Hussein Chalayan au sein de l’équipe créative et depuis Septembre 2015 un come back sur les podiums parisiens.

Classique, chic et fidèle à l’ADN de la maison avec des inspirations de drapés grecs, la collection rend hommage à sa créatrice tout en la replaçant dans notre époque pour des femmes élégantes à toutes heures du jour et de la nuit.

Vionnet_PaP_AH_2016-17Vionnet

Carven a vu le jour en 1945 par la volonté de Carmen de Tommaso, surnommée Madame Carven qui n’arrivait pas à trouver de tenues adaptées à sa petite taille. Contrairement à de nombreuses maisons, elle ne fermera jamais, mais passera des années comme une belle endormie délaissée par la presse. C’est à partir de 2010, avec l’arrivée de Guillaume Henry, fidèle à l’esprit maison, que le monde entier redécouvre la griffe pour l’amener au firmament des marques incontournables. Depuis 2015, Alexis Martial et Adrien Caillaudaud continuent l’histoire de la maison.

Jeune et voyageuse, la fille Carven mixe ses achats et ses souvenirs de vacances chinés entre Katmandu et les sommets de l’Himalaya, telle une vraie parisienne qui aime mélanger les styles pour mieux s’approprier le sien où les influences des années 70 et 90 sont toujours présentes.

Carven_PaP_AH_2016-17Carven

Léonard Paris a vu le jour en 1958 par la décision de Jacques Léonard confiant à Daniel Tribouillard la mission de lancer une société de création, baptisée à l’époque Léonard Fashion. Amoureux des arts et visionnaire, Daniel Tribouillard imagine et met au point un procédé d’impression révolutionnaire qui permet l’impression des tissages anglais « Fully Fashioned » très en vogue à l’époque et réputés « inimprimables » Le succès est immédiat et la marque s’impose rapidement à l’international. Fort de cette réussite, il décide d’approfondir son style en adoptant les imprimés floraux qui deviennent la signature maison. Depuis 1994, Léonard fait partie des marques inscrites à la Fédération Française de la Couture et collabore avec des nombreux directeurs artistiques comme les E2, Véronique Leroy, Maxime Simoens, Raffaele Borrielo et dernièrement Yiqing Yin qui réinterprètent sans cesse le style maison.

Aujourd’hui, sans designer à la tête du studio, ce dernier a présenté une collection dans le respect des codes Léonard, sans fausse note et très commerciale qui, à coup sûr, fera le bonheur des clientes. Mention spéciale pour les pièces en paillettes marines, les ensembles aux inspirations 70 avec des motifs cachemire et des combinaisons pantalons incontournables toujours impeccablement coupées.

Leonard_Paris_PaP_AH_2016-17Léonard Paris

Barbara Bui reste fidèle à sa ligne de conduite : le rock avant tout depuis la création de sa griffe en 1998. Inscrite au calendrier officiel de la chambre syndicale depuis 2003, elle ne cesse de revisiter le style glam rock sexy pour des femmes qui aiment les matières sensuelles au travers du cuir, du daim et de la fourrure. Ce n’est pas la créatrice qui dira que le rock et l’hiver ne sont pas compatibles avec la couleur au travers de ces nouvelles propositions ultra féminines dans les tons de vert, violet, rouge, jaune et noir. Elle retravaille aussi le tartan, un grand must have de l’hiver.

Il est à noter que Barbara Bui sera la présidente du jury de l’ex-Festival de Dinard, devenu le Festival international des Jeunes créateurs Dinan, qui se tiendra du 15 au 17 Avril 2016. Dix-sept créateurs présélectionnés présenteront leur mini-collection féminine et masculine.

Barbara_Bui_PaP_AH_2016-17Barbara Bui

A l’inverse de ces griffes de prêt-à-porter de luxe à la renommée mondiale, plusieurs jeunes créateurs venus de différents horizons proposent des collections aux antipodes.

Anne Sofie Madsen, illustratrice et créatrice danoise, inscrite au calendrier officiel depuis trois saisons, présente son art au travers de son prêt-à-porter underground. Si elle choisit le parking de l’Istituto Marangoni, ce n’est pas par hasard, mais pour mettre en condition ses « guerrières » des temps modernes dont la déconstruction du vêtement est un principe de base pour une allure forte qui peut en décontenancer plus d’une.

Anne_Sofie_Madsen_PaP_AH_2016-17Anne Sofie Madsen

Dorhout Mess, label fondé en 2010 par la designer néerlandaise Louise Dorhout Mees, vient de faire son entrée au calendrier officiel. Diplômée de ArtEZ de l’Académie des Art d’Arnhem aux Pays-Bas, la créatrice collabore tout d’abord avec de grands noms comme Bruuns Bazzar et Tommy Hilfiger avant que sa soif d’une mode différente la pousse à se lancer dans ses propres créations non conventionnelles, qu’elle qualifie d’élégantes et portables.

Conceptuel, le défilé a ouvert sur une vidéo onirique préparant le public à découvrir une collection poétique, surprenante où le vêtement semble, telle une carapace ou un cocon de laine, recouvrir le corps de la femme qui se découvre au fil de la présentation pour finir sur une robe aérienne.

Dorhout_Mess_PaP_AH_2016-17Dorhout Mess

Off White, derrière ce label se cache le créateur américain Virgil Abloh, finaliste du LVMH Prize en 2015, également connu comme le conseiller mode de Kenye West. Il dévoile sa vision de la mode pour la première fois au calendrier parisien. Pour lui, un designer est là plus pour proposer des choses que pour les imposer, la consommatrice étant aujourd’hui maître de ce qu’elle veut porter. A l’image du nom de sa marque, Off White représentant ni le noir ni le blanc, il propose le mix and match prouvant ainsi que les opposés sont complémentaires, à l’image de tissus rugueux côtoyant d’autres d’une extrême douceur, ou de matières onéreuses se mélangeant à merveille avec d’autres très peu chères.

OFF_White_PaP_AH_2016-17Off White

Liselore Frowijn, pour sa deuxième saison au calendrier officiel, a rendu hommage à l’œuvre de Nikki de Saint-Phale. Des volumes ronds rappelant la « Nana », muse de l’artiste et des mélanges de couleurs primaires dans un esprit naïf constituent le dressing ultra coloré et résolument jeune de cette Néerlandaise, qui s’est fait remarquer en 2014 en obtenant le Prix Chloé au Festival de Hyères.

LISELORE FROWIJN_PaP_AH_2016-17_©_Peter_StigterLiselore Frowijn

Léa Peckre fait partie de la jeune génération française des designers qui comptent. Elle commence à faire parler d’elle avec sa première collection hiver 2013-14. En 2014, elle fait le buzz lorsqu’elle imagine le prêt-à-porter anniversaire des 130 ans de Maison Lejaby et remporte en 2015 le Prix des Premières Collections de l’ANDAM.

Le noir, le blanc et le bordeaux sont les couleurs de base agrémentées de bleu pâle et de mauve en touche légère pour des filles jeunes, branchées qui n’hésitent pas à jouer avec la transparence en utilisant de la résille stretch. Le corps est également mis en valeur par des matières moulantes, des jeux de coupes, des liens et des fronces sur des jupes courtes et des shorts. Les baskets viennent compléter l’allure active de l’ensemble.

Lea_Peckre_PaP_AH_2016-17Léa Peckre

Koché, découverte à designers Apartment, a opté pour un défilé happening au Passage Prado, boulevard Saint-Denis, avec un casting sauvage correspondant mieux à son style mixte destroy couture. Créée en 2014 par Christelle Kocher, parallèlement responsable de la direction artistique des ateliers Lemarié depuis 2010, avec la volonté de vouloir associer le savoir-faire couture à la « street culture », la marque s’est vite distinguée en faisant partie des 26 semi-finalistes de l’édition 2015 des LVMH Prize.

Koche_PaP_AH_2016-17Koché

Frédéric Blanc

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