Rentrée 2017, la valse des designers continue

By on 14/09/2017

Seulement quelques semaines après la sortie dans Fashion-Spider d’un sujet spécial sur le turn-over des directeurs artistiques à la tête des maisons de mode, une nouvelle vague d’annonces vient de tomber en ce début de septembre.

 

Si parfois les changements ne semblent pas justifiés, ils en sont d’autres, qui sont de réelles bonnes nouvelles. C’est le cas de la nomination de Richard René à la tête de la création de Guy Laroche. Il succède à l’américain Adam Andrascik qui avait pris les rênes de la maison en 2015. Son passage ne marquera pas l’histoire de la marque et encore moins celle de la mode. Cette nouvelle arrivée est d’ailleurs justifiée par la direction comme «  un nouveau chapitre l’histoire du nom ». Selon elle, ce recrutement témoigne « d’une évolution permettant à la maison de s’affirmer comme une griffe d’aujourd’hui, mais aussi de renouer avec ses fondamentaux : un luxe raffiné, une exigence de coupe absolue, un goût prononcé pour l’inattendu… Et un esprit définitivement libre. Autant de valeurs qui résonnent avec l’univers du créateur ».

Après Hermès, Richard René a effectué la majeure partie de sa carrière chez Jean Paul Gaultier, où il a aussi bien travaillé sur la haute couture, que sur le prêt-à-porter féminin, les collections sport, homme et accessoires. Après avoir remporté la totalité des prix du Festival International de Mode de Hyères en 2004, il lance sa griffe éponyme, aujourd’hui en sommeil.

Défini comme un puriste, minimaliste de la mode, Richard René mène une perpétuelle quête de la quintessence du vêtement, ce qui ne lui empêche ni audace, ni irrévérence et le rapproche de Guy Laroche, couturier audacieux, précurseur et libre.

Richard_Rene_pour_Guy_LarocheRichard René

Suite au départ en juin de Nial Sloan pour Escada, la marque britannique Hunter était à la recherche d’un nouveau DA. Le poste est aujourd’hui repris par Daniel Shaw qui se retrouve en charge des lignes Hunter Original et Hunter Field.

Ancien directeur du studio de création de la marque Christopher Raeburn, il concevait les collections féminines et masculines, assurait la supervision de l’organisation des défilés londoniens, ainsi que la responsabilité des collaborations développées avec Rapha, Eastpak et MCM.

Daniel_SawDaniel Saw

Pour preuve qu’une maison sans son créateur est bien souvent une grande coquille vide sans âme, on annonce le retour de Serge Cajfinger, créateur de Paule Ka, à la tête de la création de son ancienne marque, revendue dernièrement à Xavier Marie, fondateur de Maison du Monde et actionnaire du groupe Rautureau et Bonton.

 

Lancée en 1987, Paule Ka s’est rapidement fait un nom au milieu des grandes enseignes du luxe français. Amoureux de l’élégance féminine, Serge Cajfinger fait de sa marque une référence du style de la Parisienne. Sans jamais perdre sa ligne directrice, il suit les tendances, tout en réinterprétant ses créations de saison en saison en y ajoutant des pointes d’irrévérences, de modernité et de folies. Le style Paule Ka se reconnaît au premier coup d’œil et les clientes en raffolent.

En 2011, le Fonds Change Capital devient propriétaire de la marque, qui entraîne en 2014 le départ de Serge Cajfinger. Après un passage à vide avec des collections imaginées par le studio, Paule Ka tente un retour en pleine lumière en nommant en 2015 la jeune Alithia Spuri-Zampetti à la tête de la création et en intégrant le calendrier officiel de la Paris Fashion Week printemps-été 2017. Malgré des collections dans la droite ligne de l’esprit du fondateur, les ventes ne suivent pas, les chiffres stagnent et restent en dessous des prévisions du groupe. Il en résulte aujourd’hui, un nouveau changement de main, le fonds Change Capital, ne gardant que 20% du capital.

Six ans après son départ et 30 ans après la création du nom, le nouveau propriétaire nomme Serge Cajfinger vice-président et le remet en charge des collections. Cette fonction est prise immédiatement afin de préparer sa première pré-collection automne 2018, qui sera présentée en novembre.

En attendant, pour le printemps-été 2018, une capsule sera signée par le studio.

Serge_CajfingerSerge Cajfinger

Ce dernier exemple pourrait peut-être faire réfléchir certains propriétaires de noms qui oublient, que dernière une marque, un créateur se cache, qu’il est indissociable de cette dernière et de son style.

Ce phénomène s’est d’ailleurs déjà confirmé avec Chantal Thomass, ou Inès de la Fressange, dont les maisons n’ont repris vie qu’après la récupération de leur créatrice, les allées et venues de Jill Sander à la tête de la création de sa marque, ou encore l’arrêt brutal du succès pour de grandes marques, soudainement orphelines de leurs créateurs comme Jean-Louis Scherrer, Hervé Leger, Paco Rabanne…

Frédéric Blanc

 

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