TokyoEye, le Japon à l’honneur au Tranoï

By on 20/10/2015

La fashion week ne se limite pas uniquement aux défilés. C’est également la période où les présentations en show rooms et en salons fleurissent un peu partout dans la capitale. Parmi les rendez-vous les plus courus, le Tranoï reste un lieu incontournable où cette saison le Japon est mis à l’honneur.

L’empire du soleil levant illumine le Tranoï Femme Paris au travers de douze marques sélectionnées après une étape de conseils réalisée par des experts Français de la mode et ayant participé à la Mercedes-Benz Japan Fashion week.

Aidée par l’Organisation pour les Petites et Moyennes Entreprises et l’Innovation Régionale, la JAPAN Fashion Week fait la promotion du projet tokyoeye 2016 et soutient les jeunes marques de mode ainsi des marques plus matures, qui ont émis le désir de se développer à l’international.

Tokyoeyes_2016_Tranoi_2015

Les créateurs, qui ont bénéficié de cet accompagnement dans le but de présenter à Paris, ont dû revoir leurs gradations pour adapter leurs tailles et leurs grilles de prix aux marchés internationaux. Monsieur Armand Hadida, directeur artistique du Tranoï et fondateur des boutiques l’Éclaireur, a d’ailleurs été très présent dans les négociations afin d’aider au mieux ces designers à se confronter à la dureté du marché mondial.

Pour présenter de manière forte et reconnaissable tokyoeyes 2016, c’est le travail de l’artiste Asaé Soya qui a été sélectionné avec une œuvre transportant de façon expressive les différents éléments des marques qui participent à ce projet.

Tokoeye_2016_par_Asaé_Soya

A découvrir les créations suivantes :

A DEGREE FAHRENHEIT emprunte le nom de cette unité de mesure utilisée aux Etats-Unis pour sa marque dans laquelle il exprime le ressenti de la température au travers d’un motif dont seule l’apparence importe, afin de mettre en valeur celui qui le revêt. Pour lui l’été 2016 est à 80 degrés Fahrenheit et la fumée est la base de l’inspiration.

A_DEGREE_FAHRENHEIT_Tokyoeyes_2016

CHIKA KISADA s’inspire de sa carrière de danseuse de ballets pour ses créations à la sensibilité exacerbée. Le mouvement doit rester libre, sans entrave, le vêtement est là pour accompagner le corps.

Chika-Kisad_Tokyoeyes_2016

DRESSEDUNDRESSED, un nom empreint de dualité où la masculinité rencontre la féminité, la beauté la laideur, l’obscurité la lumière et le futur le passé ! Il en résulte une mode androgyne ou unisexe, une couture de rue utilisant les matériaux japonais high tech issus de l’imaginaire d’un duo de créateurs Taheshi Kitazawa et Eriko Sato.

DRESSEDUNDRESSED_Tokyoeyes_2016

IN-PROCEE est également le résultat de deux imaginaires, ceux de Steven Hall et Yrita Ohara, qui utilisent l’humour pour capturer l’aura du vêtement à travers les imprimés joyeusement expressifs. Le plus d’In-Procee : des tissus exclusifs qui pour l’été prochain s’inspirent de l’Afrique.

IN-PROCESS_Tokyoeyes_2016

KICS DOCUMENT est bien plus qu’une marque de mode. Avec son label, Kanako Takeishi souhaite transmettre aux générations futures les savoir-faire artisanaux ancestraux du Japon, tout en les adaptant aux nouvelles techniques révolutionnaires, avec une fabrication de patronages en 3D. La saison printemps-été 2016 se compose d’une collection de chemises pour femme dont le coton reste la seule et unique matière.

KICS-DOCUMENT_Tokyoeyes_2016

KOI est née en 2007 sur l’idée d’une mode invitant à la détente, alliée au chic et à l’élégance. Pour cela Nobuhide Koi s’est inspiré de l’univers Resort & Spa. L’été 2016 se focalise sur le soir avec des tenues sublimées par des imprimés artistiques, qui remettent à l’honneur les modèles « kasanegi » provenant de la superposition de plusieurs vêtements à l’image des kimonos.

KOI_Tokyoeyes_2016

MIDDLA s’inspire, pour ses créations, de la vie quotidienne de Tokyo où se mêlent des éléments musicaux, des mathématiques et des histoires poétiques. Ohal Ando veut montrer au travers de ses vêtements la modernité de notre époque. La garde-robe estivale emprunte des éléments aux marins.

MIDDLA_Tokyoeyes_2016

MOTOHIRO TANJI, spécialisée dans la maille depuis 2013, expérimente le travail du tricot avec des textures uniques et inhabituelles se servant à la fois de la main et des machines. Cette marque globale utilise la maille aussi bien pour la création de vêtements que d’accessoires. La collection printemps-été 2016 confirme cette volonté d’expérimentation avec des tricots tri-dimensionnels incarnant la haute technologie japonaise.

Motohiro_Tanji_Tokyoeyes_2016

MOTONARI ONO s’adresse aux femmes romantiques, adeptes du luxe. Le but de ses créations : embellir la femme par le vêtement avec des procédés habituellement utilisés pour le dressing masculin. Cette collection fait d’ailleurs partie des gros coups de cœur de Fashion-spider et mérite une commercialisation immédiate dans les boutiques européennes.

motonari_ono_Tokyoeyes_2016

ROGGYKEI est le concept innovant des créateurs Hitoshi & Keiko par lequel ils souhaitent abolir les frontières du vêtement et de l’accessoire. Le vêtement devient accessoire et l’accessoire une tenue à part entière. Tout l’esprit japonais se retrouve dans ces créations innovantes dont des coupes surprenantes comme le rond pour ce dernier opus, qui apporte de nouveaux volumes aux vêtements tout en épousant parfaitement les lignes du corps.

ROGGYKEI_Tokyoeyes_2016

SOMARTA a développé le principe du vêtement seconde peau sans couture afin d’adhérer au corps. Des pièces de haute qualité, fabriquées dans des tissus à haute densité produisant des motifs minutieux, élégants comme des tatouages, créent une nouvelle idée de la beauté libérée permettant de mettre le corps en avant sans le dévoiler. Baptisée « Skin Series, la nouvelle collection est une ode à ce nouveau genre. Pour preuve de l’originalité de ces collections, Madonna et Lady Gaga sont déjà des adeptes de la marque.

SOMARTA_Tokyoeyes_2016

UEMULO MUNENOLI s’impose depuis sa création en 2012 comme le spécialiste de la chemise féminine blanche. Le style géométrique, allié à cette mono couleur, n’est jamais ennuyeux et les bases masculines renforcent l’idée de féminité dans chacune des pièces.

uemulo_munenoli_Tokyoeyes_2016

Dans cette période de crise, l’industrie de la mode vit à deux vitesses. D’une part, il y a les grands groupes, qui inondent le marché avec leurs produits grâce à leur puissance publicitaire et de distribution ; d’autre part, les jeunes designers ou des petites maisons aux moyens plus faibles, mais souvent plus créatifs, qui n’arrivent pas à commercialiser leurs collections face à la raréfaction des magasins multimarques et la frilosité des acheteurs des grands magasins préférant investir dans des valeurs sûres et faciles à vendre. Dans ces conditions, la véritable création finit par disparaître et il est à espérer que ce genre d’action sponsorisée par le Tranoï permettra d’éveiller la curiosité des acheteurs « avant-gardistes » et apportera ainsi de nouvelles créations dans la rue.

Frédéric Blanc

About Fred

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *